Une émotion difficile ne se manifeste pas uniquement dans la tête. Elle agit aussi dans le corps, parfois bien avant que l’on en ait conscience. Observer ce qui se passe en nous permet de mieux comprendre le besoin qu’elle cherche à exprimer.
Ce qui se passe en nous, même quand on n’y pense pas
Chaque jour, qu’il soit chargé ou plus calme, la vie est en mouvement en nous.
Cela passe par le corps, qui bouge et perçoit, par le mental qui s’active… et par le cœur, qui traverse toute une palette d’émotions.
Une émotion est une réaction à la fois psychologique et physique, liée à une situation donnée. Elle apparaît, puis s’en va.
Si les émotions dites « positives » sont volontiers accueillies pour les rayons de soleil qu’elles apportent à nos journées, celles que je choisis d’appeler des émotions désagréables (et non négatives) sont bien plus difficiles à laisser exister.
Leur inconfort est tel que nous préférerions souvent ne pas les ressentir : l’agacement au volant, la peur de dire non à son supérieur, l’envie de pleurer quand la tension déborde, la culpabilité de ne jamais en faire assez, ou encore une parole que l’on regrette.
Un barrage bien consolidé pour ne pas s’embarrasser avec une émotion difficile
Accueillir une émotion désagréable n’est pas si simple.
Parce que c’est inconfortable.
Parce que c’est parfois blessant.
Et peut-être aussi parce que nous avons grandi avec des injonctions qui nous ont appris à les mettre sous le tapis : « Ne pleure pas », « Tu exagères », « Ce n’est rien ».
Parfois, le corps porte encore les traces d’un vécu difficile ou d’un traumatisme, et a mis en place des stratégies de protection.
D’autres fois, c’est le regard de la société qui pèse : exprimer une émotion serait une faiblesse, un retour en arrière, une perte de contrôle.
Nous avons tous en tête l’image de l’enfant qui crie, se roule par terre, tape des pieds.
L’enfant ressent une émotion et l’exprime avec le langage dont il dispose à ce moment-là : le corps. Et c’est logique, puisque l’émotion naît et se manifeste d’abord dans le corps.
En grandissant, nous apprenons à verbaliser, à contenir, à rationaliser. Les ressentis corporels passent alors au second plan, parfois jusqu’à devenir inaudibles.
Résultat : nous ne savons plus reconnaître l’émotion, ni la nommer, et nous nous sentons mal sans toujours comprendre pourquoi.
Pour certain.es, la stratégie consiste alors à ne rien dire, à ne pas faire de vagues.
Sur le moment, cela peut sembler plus simple. Mais sur le long terme, cette mise à distance coûte cher : fatigue émotionnelle, irritabilité, défenses permanentes, sentiment d’être incompris.e.
La charge mentale augmente, la charge émotionnelle mal digérée finit par s’exprimer dans le corps : mâchoires serrées, tensions dans le dos, cœur qui s’emballe, ventre noué.
Et surtout, mettre une émotion sous le tapis, aussi désagréable soit-elle, revient à ignorer le message qu’elle nous envoie.
Accueillir une émotion difficile sans la refouler ni s’y noyer
Accueillir une émotion désagréable ne signifie ni la repousser, ni s’y abandonner complètement.
Il s’agit plutôt de lui faire une place, afin qu’elle puisse être reconnue et remplir sa fonction : nous signaler qu’un besoin n’est pas respecté à cet instant.
1. Revenir au corps
Avant de chercher à comprendre, il s’agit de commencer par observer et ressentir.
Où l’émotion se manifeste-t-elle dans le corps : la poitrine, le ventre, la gorge ?
Comment est la respiration : rapide, bloquée, superficielle, plus ample ?
Plus nous observons ce qui se produit dans notre corps, plus tôt nous recevons les signaux d’une émotion, avant qu’elle ne déborde.
2. Apaiser l’intensité pour retrouver du calme
Toujours en restant à l’écoute des sensations physiques, l’idée est ici d’abaisser l’intensité de l’émotion, sans chercher à la faire disparaître.
Cela peut passer par des gestes simples, parfois très personnels : écouter une musique réconfortante, écrire sans filtre pour déposer ce qui déborde, bouger le corps pour relâcher la tension, méditer quelques minutes… Éviter si possible les écrans : tout est fait pour être happé.e.s par le téléphone ou la télévision pendant quelques heures, il est difficile de prendre le temps de se recentrer sur soi après cela…
Des exercices de sophrologie peuvent aussi soutenir ce retour au calme : respiration abdominale, cohérence cardiaque, ou encore secouer doucement le corps, en sautillant sur place comme un pantin, pour libérer les tensions accumulées.
Laisser le corps s’exprimer est essentiel : des larmes, un soupir profond, un grognement, voire un cri (à condition qu’il ne soit dirigé vers personne).
Ce sont des décharges naturelles qui permettent à l’émotion de circuler et de se sentir « traitée ».
3. Mettre des mots sur ce qui est vécu
Une fois l’intensité redescendue, il devient possible de nommer l’émotion.
Cela peut se faire progressivement, en partant des sensations corporelles :
« Je me sens tendu.e » → « Je suis inquiet.e » → « J’ai peur »
Il n’y a rien à analyser ni à juger.
Mettre des mots permet simplement de clarifier ce qui se passe et de mieux percevoir le message de l’émotion.
4. Écouter le message de l’émotion
Toute émotion est un signal.
Derrière elle se cache souvent un besoin fondamental : sécurité, repos, reconnaissance, clarté, écoute, lien…
Plus nous apprenons à identifier ces besoins, plus nous devenons capables de les respecter et, lorsque c’est possible, de les exprimer.
Et quand je ne suis pas seul.e, ou que ce n’est pas le moment ?
Il arrive que le contexte ne soit pas propice pour écouter l’émotion immédiatement.
Dans ce cas, l’essentiel est d’en réduire l’intensité, puis d’y revenir plus tard, une fois le calme retrouvé, dans un espace plus sécurisant pour soi.
Transformer sa relation aux émotions grâce à la sophrologie
La sophrologie offre un espace pour réapprendre à écouter les émotions à travers le corps, sans les juger ni les analyser à l’excès.
Elle invite à ralentir et à se mettre à l’écoute de ce qui se vit intérieurement, dans un cadre sécurisant.
Par le travail sur le souffle, la présence à soi et avec des techniques de visualisation et de prise de recul, la sophrologie permet de reconnaître une émotion, de l’accueillir avec plus de stabilité et de retrouver une capacité de choix dans nos réactions.
Peu à peu, les messages portés par les émotions désagréables deviennent plus clairs.
Elles nous renseignent sur ce qui est important pour nous, sur nos valeurs et nos besoins profonds. En apprenant à écouter ces signaux, nous développons une réponse plus ajustée aux situations vécues.
Cela se traduit souvent par une communication plus claire et plus respectueuse de nos besoins, dans la relation à l’autre comme dans la relation à soi.
Avec le temps, le sentiment de légitimité de nos ressentis se renforce, une forme de légèreté revient, et les relations gagnent en apaisement.
Peu à peu, la relation aux émotions se transforme : elles deviennent moins envahissantes, plus compréhensibles, et surtout moins menaçantes.
Pour conclure
Accueillir des émotions désagréables, surtout quand on a passé des années à les mettre sous le tapis jusqu’à l’explosion, est un véritable apprentissage.
Un chemin qui demande de la patience, de la douceur, de l’écoute… et beaucoup de non-jugement.
Car nous faisons tous de notre mieux, avec les ressources et les cartes que nous avons à un instant donné.
Chaque émotion est légitime et mérite attention et respect.
Écouter. Accueillir. Puis laisser repartir.
Sans refouler. Sans se noyer.
La sophrologie permet d’explorer les émotions difficiles, de mieux les comprendre et de développer des ressources pour les traverser avec plus de douceur. Si vous souhaitez en parler et voir comment je peux vous accompagner, vous pouvez me contacter ici : Tarifs et contact – Cap sérénité – Sarah Motard Sophrologue

